Wall Street : Alcoa masquait-il un délit d'initié sur Intel ?
* Cercle Finance le 13/07/2010 à 23:19
Wall Street : Alcoa masquait-il un délit d'initié sur Intel ?
(CercleFinance.com) - Le basculement psychologique du marché en une semaine semble radical: début juillet, les investisseurs intègrent un scénario de 'double dip' potentiel qui ne laisse guère d'espoir en matière de progression des résultats au second semestre 2010.
Six séances de hausse consécutives plus tard, ces mêmes opérateurs sont maintenant convaincus d'assister à une déferlante de trimestriels supérieurs aux prévisions (jouent-ils une répétition du scénario de juillet 2009 ?) avec comme indice précurseur les 'bons' résultats d'Alcoa.
Rien de vraiment bouleversant avec un profit supérieur de 1 Cent par rapport aux estimations: les places asiatiques n'avaient d'ailleurs pas réagi et Wall Street était anticipé en léger repli mardi matin... un simple écran de fumée avant la divulgation au grand public des résultats d'Intel ?
Ils étaient attendus en forte hausse... mais les chiffres ont cette fois largement excédé les estimations les plus optimistes.
Intel annonce en effet un profit de 2,9Mds$, soit 51 cents par action pour un chiffre d'affaire de 10,8Mds$ (et 11,6Mds$ au 3ème trimestre).
Le consensus tablait sur 43 cent par action et des ventes avoisinant 10,25Mds$: hors séance, le titre gagnait +6,5% supplémentaires, ce qui préfigure déjà une 7ème séance de hausse consécutive à Wall Street mercredi.
Rétrospectivement, le communiqué d'Intel explique bien des choses: les indices européens s'étaient envolés de +2% sans raison valable (avec une batterie de chiffres macroéconomiques décevants et une dégradation de la dette du Portugal) puis Wall Street ouvrait en hausse de +1,5% (contre une anticipation de -0,3% mardi matin en préouverture).
Il faut bien admettre que les résultats d'Intel ont probabblement 'fuité' et certains ne se sont pas privés d'en profiter sans même dissimuler la 'certitude' qui les animait : au lieu d'un ramassage discret, ce fut un véritable arrachage des cours à la hausse dès la réouverture des marchés US... et cela a duré jusqu'au coup de cloche final.
Et la nette dégradation du commerce extérieur américain au mois de mai (à -42,3Mds$ au lieu de -39 anticipé) n'allait pas certainement pas gâcher la petite fête qui s'est transformée en feu d'artfices haussier, avec 95% des valeurs terminant en hausse au sein du 'S&P-500'.
L'indice Dow Jones a bondi de +1,45% à 10.363 points, le S&P-500 de +1,53% à 1.095 points et le Nasdaq Composite s'est offert une envolée de +2% à 2.242 points.
Après plus de 5% repris la semaine dernière (le plus fort gain hebdomadaire de l'année), voilà 2% de gains supplémentaires qui achèvent de laminer les vendeurs du début du mois de juillet.
La faiblesse des volumes (ils furent de 60% inférieurs à la moyenne annuelle lundi) permet de surcroit d'amplifier les écarts avec une mise de fond limitée.
Parmi les rares perdants du jour, Apple a cédé 2% à 252$ alors que des magazines spécialisées soulignent les problèmes de réception du dernier portable '4G'.
Son concurrent Research In Motion (Blackberry)a bondi symétriquement de 3,35% et ce ne fut pas la seule envolée du jour: eBay s'aduge +4% à 21$, Yahoo +3,9%, Monster et Expedia +5%, Flextronics et KLA Tencor +6%.
A noter également un véritable rush sur les valeurs bancaires avec une hausse d'ensemble de +3% dans le sillage de Morgan Stanley et Zions Bancorp (+4,5%), JP Morgan et Wells Fargo (+3,3%) puis Bank of America (+3,1%).
Le contexte boursier vient donc de repasser de 'tout mauvais' à 'tout bon' pour la 4ème fois en l'espace d'un mois: Wall Street, ce n'est même plus une girouette, c'est devenu une 'porte de saloon' battant à toute volée.
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