La FED en perdition
La Fed complètement perdue
11/08/10 15h39 - Yves de Kerdrel
La Réserve Fédérale a fait, en deux mois, un demi-tour complet. En fait, elle donne le sentiment de ne pas savoir où aller.
La Fed s'alarme. C'est ce qui est ressorti hier de la réunion du Comité de l'Open Market, qui examine tous les mois la situation de l'économie américaine. Il y a encore deux mois, en juin dernier, les sages de la Réserve Fédérale s'enthousiasmaient devant un "mieux" sur le front de l'emploi. Hier, ils se sont au contraire inquiétés des nombreuses destructions d'emplois et du chômage de longue durée qui frappe désormais 45 % des "jobless" américains, soit presque autant qu'en France. Une situation qui pèse naturellement sur la consommation et sur le marché immobilier, d'autant plus que le système d'aides mis en place pour l'achat d'un logement a pris fin en avril dernier.
Si la Réserve Fédérale n'est pas allée jusqu'à exprimer ses craintes de déflation ou de nouvelle récession, comme l'avait fait il y a peu de temps la Fed de San Francisco, elle a tout de même décidé de ressortir les armes non conventionnelles, en indiquant qu'elle rachèterait autant que de besoin des bons du Trésor, au fur et à mesure de la venue en remboursement des prêts faits aux banques.
Qu'est ce que cela signifie ? Que c'est la Fed qui va financer directement le Trésor américain. Autrement dit, c'est la technique de la vieille planche à billets qui va être utilisée pour apporter à l'économie américaine le "stimulus" que plusieurs experts appelaient de leurs voeux depuis quelques semaines. Avec le risque de voir le billet vert perdre de sa valeur.
Cela intervient dans un climat très tendu pour l'économie américaine, puisque l'Etat y est endetté à hauteur de 13.000 milliards de dollars. Un endettement heureusement limité par le Congrès. A cela s'ajoute la situation désastreuse de quatre cinquièmes des états, dont certains ne pourront plus payer les prestations sociales à partir du mois de septembre. C'est la raison pour laquelle certaines agences de notation réfléchiraient à une dégradation de la dette souveraine américaine.
Le fait de ne pas faire appel aux prêteurs traditionnels des Etats-Unis va peut être rassurer ces agences de notation. Mais l'idée de les remplacer par le soutien de la Fed témoigne à la fois de la mauvaise santé financière du pays et de sa situation économique difficile. Autant d'éléments peu rassurants qui justifient aujourd'hui la prudence des investisseurs.
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