hyperinflation? hyperdéflation?
Le système mourra-t-il
d’hyperinflation, d’hyperdéflation,
ou des deux ?
La tendance déflationniste actuelle semble démentir les
mises en garde contre le danger hyperinflationniste.
Cette déflation est la conséquence de l’effondrement
économique, qui est un résultat de l’effondrement
financier. La chute du commerce international pousse
les prix vers le bas et rien ne s’arrange parce que le
crédit s’est tari, le tout étant aggravé par l’explosion des
dérivés.
Pour comprendre comment s’équilibrent les deux
tendances contraires, hyperinflationniste et
hyperdéflationniste, il faut considérer le taux
d’effondrement de l’économie physique. D’un côté, on
assiste à une désintégration totale de l’économie
mondiale, et de l’autre, l’on essaie de maintenir le
système par une explosion de création monétaire,
politique favorable à un scénario hyperinflationniste à la
Weimar. Si cela n’arrive pas, on plongera alors dans
une explosion hyperdéflationniste – l’un ou l’autre.
Confirmant la volonté de certains cercles de déclencher
une vague d’hyperinflation, un article de Stephen King,
directeur économique de la banque HBSC, est paru
dans l’Independent du 24 novembre 2008, appelant à
« faire tourner la planche à billets » pour stopper la
déflation. Réduire les taux d’intérêt, écrit-il, ne suffit pas
à relancer l’économie. Si la Banque d’Angleterre
dispose d’une certaine marge de manoeuvre au niveau
des taux, la Réserve fédérale a atteint sa limite. Il faut
trouver « autre chose » à savoir la monétisation. « Il
faut actionner la planche à billets. La monétisation
nécessite la création de nouvel argent qui est injecté
dans l’économie. (...) Une objection évidente à cette
politique veut qu’elle dévalorise la masse monétaire et
crée, par conséquent, de l’inflation. Dans des
conditions normales, c’est vrai. Les gouvernements
ayant eu recours à la planche à billets se sont souvent
retrouvés avec de l’hyperinflation, comme le découvrit
la République de Weimar dans les années 1920, ou le
Zimbabwe aujourd’hui. Mais les circonstances actuelles
sont exceptionnelles ».
Relevons encore cette « menace » exprimée par G.
Soros lors de la 77ème conférence annuelle d’hiver des
maires américains. Soros a déclaré que le plan de
relance de 800 milliards de dollars « ne suffirait pas »,
tout en appelant les autorités à trouver des « mesures
radicales et peu orthodoxes », dont la recapitalisation
des banques, autrement dit le renflouement. Faute de
quoi, les « pressions déflationnistes actuelles »
céderont la place au « spectre de l’inflation ».
Pour les Etats-Unis, les mauvaises nouvelles ne
cessent de pleuvoir : l’économiste Nouriel Roubini a
déclaré, lors d’une conférence à Dubaï le 20 janvier
2009, que les pertes financières pourraient atteindre
3600 milliards de dollars. Dans ce cas, « le système
bancaire américain serait de facto insolvable,
puisqu’il détient un capital de 1400 milliards. Nous
sommes face à une crise bancaire systémique ».
Les conséquences du recours à la
politique de la « planche à billets » :
l’exemple du Zimbabwe
Aux Etats-Unis, en octobre 2008 l’indice des prix
producteurs a perdu 2,8%, soit sa chute la plus
importante sur un mois depuis que le Département du
Travail introduisit cette mesure statistique en 1947. En
même temps, l’indice des prix à la consommation a
baissé de 1%. Il n’est donc pas étonnant que tout le
monde parle de déflation aux Etats-Unis. Le fait que le
rendement des bonds du Trésor US à cinq ans sans
ajustement de l’inflation est de 2% alors que le
rendement des autres titres du Trésor à cinq ans et
offrant une protection contre l’inflation est de 2,4%
implique que le marché anticipe que l’inflation moyenne
annuelle soit négative : - 0,4%.
C’est une prévision objective, fondée sur les
anticipations de marché, mais l’on peut suspecter
qu’elle soit fausse. Bien sûr, le fait que l’économie sorte
de cette période d’effets de levier excessifs a déchaîné
des forces déflationnistes. Cependant, la Federal
Reserve a placé sa « pompe à monnaie » en suractivité
et on voit ainsi mal comment la déflation pourra faire les
gros titres durant les prochains mois, voire même les
prochaines années. Les titres du Trésor américain
indexés sur l’inflation restent une bonne affaire.
La déflation n’est pas le souci de tout le monde
cependant. Les malheureux citoyens du Zimbabwe sont
piégés dans la première hyperinflation du XXIème
siècle. En mars 2007, le taux d’inflation du Zimbabwe
passait la barre des 50% par mois, soit le seuil pour
définir une « hyperinflation » et équivalent à 12 875%
d’inflation par an. Depuis lors, les choses ont très
largement empiré. Le gouvernement du Zimbabwe a
récemment annoncé son intention d’imprimer des
billets de 200 millions de dollars !
La cause de l’hyperinflation est un Etat qui force la
Banque Centrale du Zimbabwe à imprimer de
l’argent. L’Etat finance ses dépenses en émettant
de la dette que la Banque Centrale du Zimbabwe
doit acheter avec de nouveaux dollars
zimbabwéens. Il faut observer que la banque « produit
» par ailleurs des emplois, payés en réalité par chaque
Zimbabwéen utilisant la monnaie. Entre 2001 et 2007,
le personnel de la Banque centrale a ainsi crû de 120%
(passant de 618 employés à 1 360), soit l’augmentation
la plus importante au monde dans une banque centrale.
Et pourtant, la Banque n’est toujours pas capable de
produire des données fiables dans des délais normaux.
Les dernières statistiques officielles sur l’inflation, pour
le mois de juillet 2008, sont totalement dépassées.
Celle de l’offre de monnaie est même pire : les derniers
chiffres datent de janvier 2008 – autant dire de l’histoire
ancienne.
En l’absence de chiffres officiels de qualité, les prix
doublent cependant toutes les 24,7 heures ! Les
magasins n’acceptent tout simplement plus les dollars
zimbabwéens.
Où cela place-t-il le Zimbabwe dans le livre des records
de l’hyperinflation ? Les épisodes de véritable
hyperinflation sont rares. Ils se déroulent uniquement
lorsque l’offre de monnaie a été nourrie par une planche à billet libérée de toute contrainte. Il faut
noter que le monde n’a connu aucune hyperinflation
quand la monnaie était basée sur ou convertible en une
marchandise. La première hyperinflation a sûrement eu
lieu durant la Révolution française. Il y a eu 28 autres
hyperinflations avant celle du Zimbabwe et toutes ont
eu lieu au XXème siècle.
Les Etats-Unis n’en ont connu aucune. Le niveau le
plus haut a été atteint en novembre 1779 avec un taux
de 47,4%. Durant la Guerre Civile, des dollars étaient
émis pour financer la guerre, et l’inflation a touché un
sommet en mars 1864 avec un taux mensuel de 40%.
L’épisode célèbre de
l’Allemagne de Weimar n’arrive qu’à la quatrième place.
Il est même très loin derrière l’expérience yougoslave
sous Slobodan Milosevic. Robert Mugabe a dépassé
son collègue Milosevic et pourrait bientôt établir un
nouveau record du monde, pour l’instant détenu par la
Hongrie. En fait au rythme actuel, il devrait obtenir son
record d’ici à un peu plus d’un mois. Beaucoup de
commentateurs estiment que cela permettra enfin de
faire vaciller la dictature de Mugabe, vieille de 28 ans.
L’hyperinflation yougoslave a atteint son apogée en
janvier 1994, mais les Yougoslaves ont subi presque
sept années d’inflation après cela, jusqu’à ce que
Milosevic concède la défaite après les élections de
septembre 2000. Il y a donc fort à parier que Mugabe
s’accroche au pouvoir, à moins que son âge avancé
(84 ans) ou un assassinat politique ne viennent
perturber ses plans. Quant aux Etats-Unis, il faut
s’attendre au retour proche d’une inflation beaucoup
moins modérée4.
Les Etats-Unis copient la politique
du Zimbabwe
Le 19 mars 2009, les banquiers centraux américains
ont pris une mesure absolument suicidaire et
comparable à ce qui a été fait au Zimbabwe. La
Réserve fédérale américaine (Fed) a annoncé le
lancement d’une politique d’assouplissement
quantitatif, via des rachats d’actifs. La décision
surprise de la Fed de racheter des bons du Trésor et
des titres adossés à des crédits immobiliers a
alimenté les craintes de dépréciation des avoirs
américains, et a entraîné le billet vert à la baisse. Avec
l’annonce par la banque centrale américaine du rachat
de bons du trésor américain à long terme sur les six
prochains mois (300 milliards de dollars) et de
l’augmentation des achats de titres adossés à des
crédits immobiliers (750 milliards de dollars), le dollar
finira par payer la facture.
Dès le lendemain, les analystes et experts
communiquaient des commentaires emphatiques. Les
analystes de Standard Chartered titraient : « Le jour où
le dollar est mort », tandis que ceux de la banque
Commerzbank conseillaient d’oublier « Ben
l’hélicoptère » (en référence au banquier central lançant
des liquidités depuis un hélicoptère) et de parler
désormais de « Ben Rambo », soulignant l’agressivité
de la mesure.
C’est incontestable, ce genre d’annonce de la part de la
banque centrale américaine va changer les règles du
jeu. Selon Lee Hardman, de Bank of Tokyo-Mitsubishi :
« C’est un signal que les prudentes demi-mesures n’ont
pas été efficaces et que la Fed est désormais prête à
faire tout ce qui est en son pouvoir pour baisser TOUS
les taux ».
« La combinaison d’une politique budgétaire
expansionniste et d’un plus ample assouplissement
d’une politique monétaire elle-même déjà
expansionniste risque à terme de laisser le dollar dans
un état de faiblesse caractérisé », mettaient en garde
les analystes de Barclays Capital. « Il ne faudrait pas
oublier que la seule chose que la Fed ne peut pas
financer est le déficit des comptes courants qui ne
devrait pas s’amenuiser (avec cette politique
d’assouplissement quantitatif, ndlr) » concluaient-ils.
Extrait des brèves de LIESI de mai 2009
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Commentaires
4 comments postedBonjour, J'ai 26 ans et je n est pas de crédit, à ce jour j'ai la conviction quand terme de taux d'emprunt nous sommes au plus bas ou pas loin.alors je me demande s'il ne faudrait pas que j'emprunte de l'argent maintenant ? mais pourquoi faire ?
- acheter de l'immobilier? mais je pense que les prix devraient encore baisser
- acheter des actions et obligations ?( je n'y croit pas une seule seconde)
- acheter de l'or c'est tentant mais dans mon cas cela reviendrais à mettre tous mes oeufs dans le meme panier.( car l'or physique et l'argent physique représente aujourd' hui environ 50% de mes économies, bon vous me direz c'est quoi les économies d'un maitre nageur de 26ans !)
Bon et si mes notions d'économie ne sont pas totalement obsolète en cas d'hyperdéflation il vaut mieux pour moi ne pas etre endetter. D'ailleurs j'ai souvent entendu dire que cette crise avait pour but l'extinction de la classe moyenne et comme celle ci est bien souvent endettées! en fait je ne sais pas trop quoi penser à ce sujet et j'aimerai beaucoup que l'on m éclaircisse .bonne journée à tous et bon trade .
Je ne vais pas te donner de conseils car la situation rend très périlleux ce type d'exercice. En revanche, sache qu'en cas d'hyperinflation l'idéal c'est d'être le plus endetté possible car l'inflation réduit à néant tes remboursements. Personnellement, je crois qu'au mieux nous aurons une forte inflation (au pire une hyper), je m'endette donc (raisonnablement) ce que je n'aurai jamais fait autrement.
J'espère que cela t'aidera.
enfin les bonnes questions mais un manque d'objectivité qui amène aux mauvaises conclusions.
ce qui crée l'hyperinflation c'est une masse monétaire qui augmente beaucoup, beaucoup plus vite que la quantité de biens disponibles sur le marché (par la production par les stocks ou bien encore par les importations ) Autrement dit lorsque la masse de monnaie disponible augmente plus que la masse de biens disponibles (d'où plus d'acheteurs que de produits et donc hausse des prix !! comme sur le Cac (parfois...lol))
Or la masse monétaire augmente, bien sur lorsque la banque centrale crée de la monnaie en achetant sans contrepartie réelle des bons du Trésor mais en temps normal la masse monétaire augmente par le système du crédit bancaire. Lorsque les banques commerciales font crédit, elles participent à la création monétaire. D'où les interventions des banques centrales qui montent les taux quand le crédit s'emballe pour le freiner et qui baissent les taux quand le credit est en train de se tarir de manière à le relancer.
Or actuellement, 5 éléments militent pour des actions bien plus offensives des banques centrales sans craintes (à CT bien sur) de risques inflationnistes:
- les stocks de biens disponibles sont très très importants, d'où les promotions et les tentatives des entreprises pour réduire leur stock en réduisant leur production
- les capacités de production non utilisées sont colossales, d'où les fermetures d'usines, d'entreprises et le chômage de masse.
la demande peut donc augmenter (dans une certaine limite bien entendu) sans aucun risque pour les prix. C'est même actuellement l'inverse !! la demande diminue, les prix baissent, surproduction, les stocks augmentent, licenciement, baisse de la demande etc etc ... C'est le mécanisme de Déflation.
- le credit crunch (contraction du crédit par les banques commerciales ) est de la DEFLATION car il participé très activement à la DIMINUTION de la masse monétaire puisque la masse de crédit diminue ou augmente faiblement. C'est exactement le phénomène inverse de la bulle du crédit en place dans les années 2005-2006-2007 qui poussait l'ensemble des prix à la hausse et notamment ceux des actifs (actions, immobilier) puis les prix à la consommation et des matières premières. Chute de l'immo americain et des actions en 2007-2008, puis effondrement du prix des matieres premières. A tel point que si rien n'avait été fait (baisse des taux, et injection) le cac, l'immobilier et meme le petrole et la baguette allaient à 0 puisqu'il y aurait eu de moins en moins de monnaie pour les acheter (donc absence d'investisseurs et meme d'acheteurs ou de consommateurs ... )je ne parle pas du besoin de se nourir qui ne disparait pas, bien sur, mais de la possibilité de le faire...
et enfin le dernier point qu'il me semble avoir deja expliqué au moins 20 fois : la taille du bilan des banques centrales augmentent considérablement car les banques privées ne se pretent pas et préfère deposer leur exces à la banque centrale qui se charge en prenant le risque de le repreter aux banques privées.. c'est une sorte de compensation et le fait que le bilan de la banque centrale soit multiplié par 5 ou par 10 ne signifie nullement que la masse monétaire augmente (en l'occurence, c'est meme l'inverse) Bien sur par ce phénomene, la banque centrale prend un risque puisqu'elle s'interpose entre des acteurs privés mais cela n'a rien à voir avec le risque d'inflation.
Le risque d'inflation aparaitra en sortie de crise quand les banques centrales devront lacher l'accélérateur. D'ou la hausse des prix matieres premiers qui accompagne la hausse des indices actions et inversement quand les cours baissent. Mais nous n'en sommes pas encore la . quoi que ?
autre hypothese qui serait peut etre plus à privilégier : la valeur de la monnaie reflete la confiance de ses détenteurs. Avec tant de dollars placé en tbonds ou d'euro placé en OAT je pourrai m'acheter tel chose plus tard... Un krach généralisé pourrait supprimer tout espoir de remboursement à terme de la dette d'etat . Ainsi, un moratoire sur la dette des Etats ou son anticipation (une sorte de dévaluation unilaterale de la dette) pourrait précipiter les prix à la hausse de l'ensemble des biens réels y compris celui de l'immobilier et des actions...et bien sur de l'or, n'est ce pas Monseignor
J'essaye comme tous le monde de trouver une conséquence simple de se "contresens" déflation/inflation qui ne peut se produire en même temps (!!?). Pour essayer de comprendre je prends mon quotidien avec comme postulat:
- de part la conjoncture j'ai peur de perdre mon emploi et je ne consomme qu'au minimum, donc comme je ne suis pas seul, la consommation baisse, et les prix finissent eux aussi par baisser (encore plus si de nombreux investissements, permis pour la relance économique, favorisent la production car dans ce cas l'offre s'adapte encore moins à la demande avec un risque de surproduction et donc des prix encore plus à la baisse)
- de part la conjoncture, la planche à billets tournent à plein régime et pas seulement le dollars car l'Europe file un coup de main aussi puisque les pays de l'Est on beaucoup de mal et il faut bien être solidaires des américains sinon c'est tout le système qui capote...Donc qui dit plein de billets dit baisse de sa valeur et là où j'avais une baguette avec 1 dollar ou 1 euro (ou une cacahuettte bientôt) je pourrai avoir 2 baguettes!!!Sauf que mon boulanger il est pas si bête et il va regarder sa cacahuette attentivement et se dire : si ma farine n'a pas doublé de prix alors ok je donne 2 baguettes sinon je lui refile la moitié de la baguette oubien j'augmente son prix par 2 soit 2 dollars (ou 2 euros...). Donc il faut savoir ce que fera le meunier qui fabrique la farine, qui se retournera vers le paysan qui fabrique le blé (pas les cacahuettes), etc....bref le 1er qui dégaine la hausse !
Conclusion:
- le comportement des consommateurs est différent en fonction de l'importance de la denrée (nourriture pour vivre ou bien de consommation de confort,...)
- S'il y plus de monnaie pour acheter des produits de 1ère nécessité et qu'il y a baisse da la consommation de ces mêmes produits, il y aura adaptation offre/demande par le prix ou la quantité==>avec effet de méfiance sur la monnaie dans le cas d'une hyperinflation car la répercution sur le prix ou la quantité doit être rapide
- Dans tous les cas je pense qu'il y aura une perte de confiance sur la monnaie qui n'aura de cesse de changer de valeur. On retrouvera donc l'intérêt de l'or et du troc (la démerde!)
- Même si on me donne plein de billets, cela ne m'enrichie pas si la valeur du bien qu'il me permet d'acheter fluctue dans le même sens. Economisons nos arbres et notre encre (pour écrire nos anneries)
Essayer de rester simple ne veut pas dire être court dans l'argumentation !
;-)